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Guide d’Ibiza

L’histoire



 

De bon matin, notre curiosité nous amène jusqu’aux eaux chaudes et cristallines de Sa Caleta, petite crique préservée du vent et de la houle au sud d’Ibiza. Derrière la plage de sable blanc, un petit port de pêcheurs traditionnel où les cabanes se pressent les unes contre les autres. On passe de cabane en cabane en traversant en équilibre leurs minces rails en bois, submergés d’eau scintillante. Leurs portes se succèdent, vertes puis bleues.

 

Juste au dessus de nous, l’ocre vif de la falaise rappelle curieusement le grand ouest américain. Le silence règne, troublé seulement par l’écho des petits bateaux -les llaüts - qui filent au large de la mer turquoise. On s’assied un instant parmi les cordes et les chaînes dans l’ombre fraîche des tôles ondulées et dépareillées. Puis, on s’attaque aux escaliers qui grimpent derrière les cabanes pour atteindre les hauteurs rougeâtres. Là-haut, des ruines phéniciennes sont bordées de pins. Loin de la clameur des villes, seul le son des cigales résonne sur les rochers de cendre. A nos pieds, quelques lézards se faufilent. Du haut de la falaise, les criques nous semblent minuscules, disposées comme des fers à cheval face à une mer étincelante.

 

Partout sur l’île blanche, le spectacle de cette nature sauvage et diverse nous déroute et nous fascine. Sur ses chemins défilent cactus, caroubiers, amandiers en fleur et oliviers centenaires au fil des saisons. Les yeux rivés sur l’horizon, les pieds dans l’eau, on est souvent spectateurs d'un coucher de soleil rose, jaune et bleu pâle. Un nuancier qui sera l’arrière-plan de nos plus belles soirées. Car dans tant de calme et de sérénité, on oublierait presque qu’Ibiza s’apprête à revêtir ses habits de lumière. La nuit tombée, l’île fait honneur à son titre de capitale émérite de la fête. Soir après soir, elle accueille les meilleures beach parties, rooftops et discothèques concentrés autour des villes d’Ibiza et de San Antonio. Sans compter les nombreux chiringuitos et restaurants qui jalonnent l’île, et qui font de l’île une destination gastronomique incontournable.

 

L’esprit de fête rime toujours avec la dolce vita version Ibicenco. C’est cette quête de chaleur et de paix qui a amené de nombreux intellectuels, artistes, marginaux et fugitifs à Ibiza, hédoniste et sauvage, dès les années 30. Un esprit de liberté et de créativité qui perdure aujourd’hui.



 

Quand y aller ?


 

L’île baléare ne connaît que deux saisons, l’été et l’hiver; et l’été s’y allonge de mi-mai à début octobre. Ceux qui tiennent à profiter de la saison des clubs choisiront les mois de juillet et août, où la fréquentation et les températures sont les plus élevées. On préfère juin pour sa douceur et son calme avant la foule estivale, ou mieux encore septembre, quand les plages se vident et que l’été indien peut enfin commencer. Le paysage s’adoucit et perd son aspect “brûlé”. La nature s’impose à nouveau sur l’ensemble de l’île blanche, loin de la frénésie qui a rendue Ibiza célèbre.

 

Comment y aller ?


 

L’aéroport d’Ibiza est très bien desservi par les lignes aériennes venant des grandes villes européennes, avec des vols quotidiens depuis Paris en été. Une fois arrivé sur l’île blanche, on la parcourt très facilement en voiture ou en scooter. Il suffit de s’éloigner de l’aéroport pour voir triompher la nature. On privilégiera tout de même les deux-roues pour éviter les embouteillages et le manque de stationnement lors des mois les plus fréquentés. Pour certaines calanques, il faudra prendre la mer ou des chemins escarpés, une bonne occasion de s’engager dans quelques randonnées audacieuses.


Formentera


Quand Ibiza devient trop frénétique, il y a toujours sa petite soeur Formentera, plus sauvage, préservée du tourisme de masse et de l’urbanisation. Il n’y a pas d’aéroport, on ne peut y accéder que par voie maritime depuis Ibiza. Loin des excès et discothèques de celle-ci, la retraite secrète offre sophistication, tranquillité et les eaux les plus transparentes de la Méditerranée. Ici, les chapeaux de paille remplacent les robes à paillettes. Des chemins champêtres mènent aux plages de sable fin qui n’ont rien à envier aux Caraïbes. L’île privilégie les vélos et les scooters, pour préserver son calme tant recherché. Il y a peu de restaurants, de bars et d’hôtels à Formentera, un dénuement qui ajoute à son charme discret.



 

Beso beach / Paillote chic


 

Les pieds dans le sable à Formentera, à l’ombre d’un grand toit de palmes, l’Ibiza branché se retrouve ici autour de paellas et autres plats méditerranéens aux accents basques. Le restaurant de Beso beach se situe à quelques mètres de la mer et l’on y vient autant pour déjeuner que pour un mojito au coucher du soleil, au rythme d’un DJ de choix. On n’oublie pas de réserver en été.

 

Un peu en retrait de la plage paradisiaque, on déjeune chez Beso beach les pieds dans le sable et dans une très belle ambiance musicale. Le restaurant est réputé pour sa paella et son poulpe, servis avec gentillesse et vivacité à l’ombre de l’impressionnante pergola.

 

Playa De Cavall d'en Borràs



 

Can Carlos / Le rendez-vous des habitués


 

Le branché Can Carlos est une institution de Formentera, autant pour sa cuisine que pour son décor féerique. On aime s’y attabler en groupe ou en couple sous les guirlandes de lumière qui ornent la pergola. La cuisine est internationale entre tempuras, spaghettis et viande grillée. L’accueil y est invariablement excellent. On réserve parfois longtemps en avance pour s’assurer d’une table.

 

Venda de sa Miranda Cala Saona, 1752, 07871 San Francesc de Formentera